Justice : La chambre criminelle d’Agadez ouvre sa deuxième session sur un constat social alarmant

La deuxième session de la chambre criminelle du tribunal de grande instance d’Agadez est en cours depuis le 15 juin. Avec une cinquantaine de dossiers, les magistrats font face à une prédominance d’affaires de vols criminels et de meurtres, le président de la juridiction à alerter sur l’état moral de la société.

Du 15 au 27 juin prochain, la ville d’Agadez abrite les assises de la deuxième session de sa chambre criminelle. Une cinquantaine de dossiers sont à juger,  mais pour les autorités judiciares ce n’est pas tant le nombre que la nature des crimes commis qui inquiète.

Dans une interview accordée à la Radio Télévision du Niger (RTN), Ibrahim Amadou, président du Tribunal de Grande Instance d’Agadez, a apporté des précisions sur le profil de cette session. Selon Ibrahim Amadou : « Les infractions relatives aux atteintes aux biens, plus explicitement le vol criminel, parfois suivi ou précédé de meurtre, constituent le gros lot des affaires qui seront jugées au cours de cette session », a-t-il souligné.

Les symptômes d’une « société malade »

Pour le pésident, cette recrudescence de la violence s’inscrit dans une problématique sociétale plus vaste. Loin de s’en tenir à une simple énumération des faits, Ibrahim Amadou a livré une analyse critique de ce phénomène.

« Cet état de fait doit tous nous interpeller car il est le signe d’une société qui est malade », a affirmé le président du tribunal, décrivant un contexte « où la recherche du bien matériel par des moyens condamnables peut pousser certains individus à commettre l’irréparable, c’est-à-dire ôter la vie de leur semblable. »

Un appel à l’introspection collective

Face à ces dérives dont la justice est le témoin quotidien, le président du tribunal de grande instance d’Agadez estime que la réponse pénale, bien qu’indispensable, doit s’accompagner d’une démarche préventive et analytique à l’échelle nationale.

Il a ainsi lancé un appel à l’ensemble des citoyens et des décideurs : « Nous devrions donc tous, à tous les niveaux, faire une introspection de notre société afin de trouver la cause de ce fléau avant d’espérer l’éradiquer. »

Photo par JOSEPH EID / AFP