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Un village du Niger © Teseum - Source : flickr.com - CC BY-NC 2.0

Village légendaire Lougou : c’est celui de la reine Saraounia Mangou, domaine des reines Aznas, tombé dans l’oubli

 « On estime que le village de Lougou a été créé il y’a environ 500 à 600 ans, au 15e ou 16e siècle. Il a été créé par la reine El Kassa venue de Daoura qui se trouve entre le Niger et le Nigeria ». C’est ce qu’a déclaré Bori Zamo, enseignant à la retraite, sur l’origine du village de Lougou, au micro du Studio Kalangou.

En effet, ce village de légende, de mythe et de diverses traditions, ce patrimoine culturel, est à l’origine de la création de plusieurs localités dont le département de Dogondoutchi. « Le village de Lougou c’est le village mère, c’est à partir de ce village que la région de Doutchi est née. Puisque tous les villages, d’une manière ou d’une autre, proviennent de Lougou.» explique Bori Zamo.

Or, Lougou, avec le temps, est devenu une case de passage saisonnière pour les agriculteurs, qui dès l’arrivée des pluies, se déplacent vers les terres cultivables. Ce qui contribue au dépeuplement du village, ne laissant qu’une minorité, poursuit l’enseignant à la retraite : « Maintenant au fur et à mesure que le village grandit, les habitants quittent le village vers les endroits où il y’a des terres de cultures. C’est pour cela que le village, au lieu de grandir, se vide. Aujourd’hui il n’y a que la reine et son entourage qui y vivent. Les autres même s’ils viennent, ils s’installent pour la saison sèche mais pendant la saison des cultures ils s ‘en vont ».

Néanmoins, le village garde toujours ses traditions de succession à la tête du royaume. « La particularité de ce village, c‘est là où ont vécu les reines et la reine présente aussi y vit… Les reines qu’on a pu répertorier sont aux nombre de 16… la plus influente, celle qui a fait que le village a été connu c’est la reine Mangou (Saraounia Mangou) qui a résisté à l’invasion des colons » ajoute Bori.

Bori Zamo n’a pas omis de notifier les différents problèmes engendrés par la colonisation en générale et la nouvelle diplomatie en particulier. Des pouvoirs détenus par les reines autrefois, qui après ne leurs appartenaient plus « Les grands séquelles laissées par cette invasion est que la reine qui avait un pouvoir politique d’envergure auparavant se trouve aujourd’hui cloitrée dans sa case, elle n’a plus de pouvoir politique. Mais avant, la reine Mangou et celles antérieures avaient un pouvoir politique. Aujourd’hui, elle maintient juste le pouvoir culturel ».

Interview de Bori Zamo, enseignant à la retraite


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