Le parlement nigérien autorise le redéploiement de Barkhane et Takuba

Vendredi, le parlement nigérien a autorisé la présence de forces étrangères (Barkhane et Takuba) sur son territoire à l’issue d’un vote. C’est à l’issue d’un vote favorable (131 pour, contre…
Le parlement nigérien autorise le redéploiement de Barkhane et Takuba
Des soldats français impliqués dans l'opération anti-insurrection régionale Barkhane patrouillent avec des soldats maliens le 9 mars 2016 au port de Korioume près de Tombouctou. PASCAL GUYOT / AFP

Vendredi, le parlement nigérien a autorisé la présence de forces étrangères (Barkhane et Takuba) sur son territoire à l’issue d’un vote.

C’est à l’issue d’un vote favorable (131 pour, contre 31) que l’Assemblée Nationale accorde son feu vert au redéploiement des forces Barkhane et Takuba jusqu’alors stationnées au Mali.

Grâce à cette autorisation, c’est une partie des 2400 soldats de l’opération Barkhane et près de 900 hommes des forces spéciales européennes de Takuba qui seront redéployés au Niger.

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Pour le premier ministre, Ouhoumoudou Mamoudou, il ne s’agit pas d’une atteinte à la souveraineté du Niger. « Nouer de nouveaux partenariats ne remet nullement en cause notre souveraineté sur le territoire national ».

Le texte voté comportait beaucoup de zones d’ombre, ce qui d’ailleurs a été pointé du doigt par certains députés. Notamment ceux de l’opposition, dont Soumana Sanda, député du MODEN FA Lumana. S’agissant de cet accord entre les autorités nigériennes et les forces étrangères, les députés demandaient plus d’informations sur le contenu du texte. Pour l’opposition nigérienne, il s’agit d’un coup de force qui, ne prend pas en compte la Constitution. Elle est mise de côté pour permettre au pouvoir de faire un passage en force, selon l’opposition. Soumana Sanda « Nous n’avons pas été autorisé à voir ce que contient les accords ou l’accord qui va nous lier ». Pour le député, ce n’est qu’une formalité que le gouvernement leur a soumis.  Ce qu’il a d’ailleurs qualifié de « blanc-seing » du gouvernement, « ce que nous avons refusé ».

Tandis que pour Yacine Ben Mohamed, député de la majorité, « le Niger seul ne peut mener cette guerre contre le terrorisme ». Pour lui, « la recherche des partenaires s’impose nécessairement et nous avons fait notre choix, celui de la France ».

Selon le premier ministre, l’armée nigérienne est l’une des meilleures de la sous-région, rassurant l’opposition qu’il ne s’agit que d’une coopération entre les forces armées nigériennes et celles annoncées. Mais face à des terroristes venant de toute part, « cela ne suffit pas » souligne le Ouhoumoudou Mahamadou. « Notre territoire est vaste et nos effectifs sont encore insuffisants. »

La lutte contre le terrorisme ne concerne pas que le Sahel a précisé le Premier ministre nigérien. Poursuivant que la présence des forces étrangères dans ce combat est également dans leur intérêt. « À partir du Sahel, l’Etat islamique vise à couvrir l’ensemble de l’Afrique de l’ouest et même au-delà… Nous ne pouvons pas, à nous seuls, nous battre contre cet ennemi ».

Faride BOUREIMA.