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Les forces de sécurité du Niger prennent position après que les étudiants ont brûlé des pneus à Niamey le 30 avril 2014 lors d'une manifestation pour exiger de meilleures conditions à l'école. AFP PHOTO / BOUREIMA HAMA

Après les manifestations des scolaires lundi 10 avril, polémique sur le bilan des victimes.

Un étudiant originaire de Diffa a perdu la vie à Niamey, le lundi 10 avril, suite à des affrontements particulièrement violents ayant opposé forces de l’ordre et étudiants autour du campus universitaire Abdou Moumouni. L’information a d’abord été communiquée par l’USN (Union des scolaires nigériens), qui a évoqué le « tir tendu d’une arme » en direction du jeune homme.

En outre, selon l’organisation syndicale étudiante, il y aurait 2 autres morts.

Le gouvernement, par la voix du ministre de la défense, Kalla Moutari, affirme quant à lui qu’« aucune perte en vie humaine n’a été enregistrée grâce au professionnalisme dont les forces de l’ordre ont fait montre durant ces manifestations ». Selon lui, la mort du jeune homme est d’origine accidentelle consécutive à une chute. Le gouvernement a néanmoins, annoncé l’ouverture d’une enquête pour déterminer les circonstances de cet « accident mortel ».

Les parents de Mala Bagale, l’étudiant mort, lors des manifestations, n’ont pas voulu s’exprimer sur les circonstances de la mort de leur fils

Le bilan officiel fait état aussi de 313 personnes interpellées dont 57 libérées, 109 blessées dont 88 manifestants et 21 policiers.

Ces dernières 48 heures, les organisations de défense des droits de l’Homme étaient aussi à pied d’œuvre pour dresser un bilan exact de ces violences.

Rappel : le Comité Directeur de l’Union des Scolaires Nigériens avait appelé à la mobilisation pour recevoir des autorités des réponses à plusieurs revendications, notamment le paiement des bourses, des aides sociales et la finalisation de la construction de plusieurs infrastructures scolaires.

Lundi matin, toutes les voies d’accès au campus Abdou Moumouni étaient bloquées par les forces de l’ordre stationnées à bord de plusieurs véhicules d’intervention.

Alors que se tenait la réunion du comité exécutif de l’Union des étudiants de l’université, les forces de l’ordre auraient commencé à tirer des gaz lacrymogènes. Les étudiants auraient  répondu par des jets de pierres.

Quelques minutes plus tard, les éléments des forces de l’ordre -  ont pénétré sur le campus universitaire – et de violents accrochages ont eu lieu avec les étudiants.

Le campus a été fermé lundi soir sur ordre du ministre de l’enseignement supérieur  Mohamed Ben Omar.

Suites à ces événements, Studio Kalangou a recueilli le témoignage d’un étudiant.

« Ces gens-là, les forces de l’ordre armées jusqu’aux dents avec des gaz lacrymogènes et des matraques, ils ont pris d’assaut la cité universitaire. Je suis frustré il y a un camarade qui est décédé… C’est un sentiment de désolation qui m’anime aujourd’hui. »

Le Ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, Mohamed Ben Omar a justifié, lundi soir, l’intervention des forces de l’ordre : « La voie publique a été obstruée, le gouvernement ne saurait croiser les bras. C’est une manifestation sur la voie publique, or nous sommes un état démocratique, un état de droit ou les rapports entre citoyens sont régis par la loi. Il n’y a pas de raison que les pouvoirs publics se taisent face à une violation aussi flagrante de la liberté de l’autre. De par le passé vous avez vu, ce sont les bus qui sont pris, qui bloquent la voie publique, cette fois-ci, nous avons pris les dispositions pour ne pas amener les bus. Nous avons fermé le campus, on n’a pas fermé l’université, nous avons fermé le campus pour voir clair, mettre de l’ordre. L’année …….ne sera pas blanche »

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