COVID-19 : Tous ensemble face au virus

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Des chefs religieux lors d'une rencontre avec le gouvernement( Juin 2019) / Reseaux Sociaux

Niger-Coronavirus / Coordination entre autorités, chefs coutumiers et chefs religieux

Sur l’ensemble du territoire nigérien, des rencontres ont lieu entre autorités, chefs coutumiers et chefs religieux, au sujet des mesures préventives prises pour contrer la propagation du coronavirus. A ce jour, le pays compte 8 cas dont un décès.

A Mirriah dans la région de Zinder, les jeunes ont violemment manifesté le 23 mars. Ils ont pris les mesures préventives prises, par l’Etat, comme une interdiction de pratiquer l’Islam, selon Harouna Mahamadou, membre du bureau du conseil national des jeunes et ressortissant de Mirriah, au micro du Studio Kalangou : « La situation est revenue au calme. Les jeunes de Mirriah sont d’ores déjà impliqués dans la sensibilisation de la population sur le coronavirus et sur le fait qu’il ne s’agit aucunement d’interdire la pratique de l’Islam ». 

Dans la région d’Agadez, des rencontres ont eu lieu au sultanat de l’Aïr entre les autorités communales, les chefs de quartiers et les imams, du 21 au 23 mars 2020, au sujet de ces mesures préventives. Ces rencontres ont déjà apporté leurs fruits, car on ne dénombre aucun cas de manifestation à l’encontre de l’application de ces mesures. Pour le président de cette délégation spéciale d’Agadez, Boucari Mamane : « l’objectif c’est de les sensibiliser, pour qu’ils soient acteurs dans cette sensibilisation, pour faire comprendre à la population les enjeux… Il n’y a pas de remède contre cette maladie. Le meilleur remède, c’est vrai ce sont les Dou’as (invocations du croyant) mais aussi la prévention ! On doit respecter tout ce qui a été dit comme mesures préventives », dans l’intérêt de tous.

Dans la région de Tillabéry, le gouverneur a rencontré le 25 mars les leaders religieux pour leur expliquer les mesures prises contre le coronavirus, voici la réaction de l’un d’eux « … Je lance un appel à tous les musulmans de s’armer de patience. C’est-à-dire que les cinq prières ne se feront plus ensemble dans les mosquées y compris les prières de vendredis ».

La mosquée de Kiota, un haut lieu de l’Islam, a suivi strictement les mesures annoncées par l’Etat. En un demi-siècle, c’est la première fois qu’elle se trouve fermée à la prière de vendredi, c’était le vendredi dernier. « Le khalife Cheick Moussa a pris le devant en menant une campagne de sensibilisation sur la nécessité de protéger les fidèles par tous les moyens, en rappelant que s’il faut aller à la suspension des prières collectives cela se fera dans la mesure où c’est une pratique bien connue dans la Souna du Prophète Mohamed et que la suspension des prières collectives ne signifie nullement l’abandon des rites », nous rapporte notre correspondant.

Dans l’ensemble, les chefs religieux de toutes les régions ont compris la gravité de la situation et reconnaissent qu’en Islam, il existe des textes qui prennent en compte ce genre de fléau et qui préconisent la protection des fidèles.

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