Articles

Source : pixabay.com - CC0

Mali-Niger : L’esclavage entre refus et acceptation

L’esclavage sous sa forme traditionnelle persiste au Niger malgré l’adoption en 2003 d’une loi qui criminalise la pratique. Au Mali le projet de loi sur la question est bloqué depuis 2010. Certains défenseurs des droits de l’Homme dénoncent « un manque de volonté politique ». L’esclavage sous toutes ses formes existe toujours dans notre société d’aujourd’hui, témoigne cette victime du village de Kerwané, dans la région de Kayes au Mali et explique quelques comportements de leurs maitres : « Ils nous traitent comme des animaux, on n’a pas le droit de donner n’importe qu’elle nom à nos enfants, parce que selon eux l’esclave a un nom particulier, il ne peut pas avoir le même nom que le noble, un enfant noble peut mal parler a un vieillard de 90 ans sans soucis ou même le bastonner ».

Cependant, comme nous le dit, Abdoulaye Macko, président adjoint de « Temedt », une association de lutte contre l’esclavage au Mali, certains esclaves semblent se complaire dans leur soumission à leurs maitres et ne souhaitent rien d’autre que de continuer à les servir. Ces cas existent au Mali, comme au Niger : « Effectivement nous avons souvent rencontré ce genre de cas, principalement dans la région de Kayes, ‘‘Nous, nous n’avons pas de problème avec nos maitres ; nous, nous réjouissons de ce que nous sommes, ils nous traitent très bien…’’ » explique Abdoulaye Macko au micro du Studio Kalangou.

Du point de vue aussi du sociologue nigérien Issa Ayé, cette situation peut s’expliquer par plusieurs raisons et existera toujours tant que les concernées ne prennent pas conscience de leur liberté : « Quelqu’un qui est né dans une situation où on l’a éduqué pour servir l’autre, on lui a inculqué qu’il est la propriété de quelqu’un d’autre, même si vous lui donnez sa liberté il ne peut pas la concevoir, il n’a jamais appris à avoir cette autonomie, à avoir un emploi, à travailler pour lui-même, il l‘a fait toujours sous le contrôle d’un maitre bienveillant ».

Le reportage


 

Pour en savoir plus sur nos activités
M'inscrire à la newsletter