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enfant talibé ©Jeff Attaway -CC0- Source : flickr.com

Traite des personnes: « … presque tous les nigériens sont des trafiquants qui s’ignorent… » selon Souwaiba Ibrahim, juriste pénaliste

La Traite des personnes ou esclavage moderne au Niger est une pratique interdite par les lois du pays mais toujours d’actualité. « La traite des personnes est une activité criminelle qui consiste à utiliser des gens comme des marchandises, et du coup il y’a une certaine tendance à utiliser des gens qui sont vulnérables. Du point de vue des victimes, les plus vulnérables ce sont les enfants ; là, on assiste à la mendicité des enfants que les grandes personnes utilisent pour avoir une entrée d’argent. Comme personne vulnérable on peut aussi considérer les femmes, et les personnes qui vivent avec un handicap…..etc. ».

En effet, on parle d’esclavage moderne, chose qui se pratique dans nos sociétés par des individus non consciencieux, comme l’explique la juriste, les pratiquants de cet acte ignoble le font sous couvert, car ils savent très bien que la société a mis en place des lois pour la protection des droits humains : « si on prend le contexte nigérien, la loi a retenu le vocable : traite des personnes. La traite des personnes n’a pas commencé tout de suite, depuis la nuit des temps les sociétés ont utilisé des personnes, et nous avons l’exemple le plus frappant c’est l’esclavage ; et pourquoi c’était palpable avant ? C’est parce que l’on pouvait vendre publiquement quelqu’un, et maintenant nous sommes dans une société qui a évolué, il y’a des droits de l’homme qui ont été érigés, il y’a des textes qui ont été adoptés, du coup les gens ne peuvent pas faire cela aussi ouvertement, on peut dire que c’est devenu clandestin et on peut aussi dire que les trafiquants s’adaptent au changement social, ils s’adaptent à la réaction de l’Etat » déclare Souwaiba Ibrahim.

Enfin sans le savoir, par abus de pouvoir et/ou d’argent, certains pensent avoir tous les droits sur un employé domestique, par exemple, en faisant de lui une sorte d’esclave, surtout ici au Niger où la distinction entre le droit et le devoir du travail n’est pas connu de tous : « En général pratiquement presque tous les nigériens sont des trafiquants qui s’ignorent. L’infraction des traites des personnes, beaucoup de gens la commette sans le savoir, vous allez voir des gens qui utilisent des domestiques, sans respecter le salaire, les jours de congés ; tout cela ce sont des choses que les gens ne respectent pas… et même la victime ignore que c’est une traite de personne »ajoute-t-elle à la fin.

Interview de Souwaiba Ibrahim, juriste pénaliste


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