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Niger : Plusieurs médias privés fermés pour non-paiement d’impôts

Depuis deux semaines, on observe la fermeture d’organes de média au Niger pour non-paiement d’impôts. Les groupes de radiotélévision Saraounia, Ténéré, Bonferey et Canal 3 ainsi les deux hebdomadaires l'Actualité et La Griffe sont touchés par ces mesures de fermeture; d’autres médias pourraient aussi connaitre le même sort dans les jours qui suivent. À tous, les services des Impôts imposent des paiements d’impôts allant de 8 à 40 millions. Ce que l’association Maison de la presse, qui fédère les organisations des professionnels des médias, dénonce dans un communiqué en date du 19 juillet 2018 dans lequel elle appelle à « l’arrêt de toute pression fiscale sur les organes de média ».

Ces mesures de fermeture radicale prises par les services des impôts viennent fragiliser un peu plus un secteur déjà en difficulté. Au Niger, faute d’assise financière, beaucoup de médias n’arrivent pas payer régulièrement les salariés et les autres charges de fonctionnement. Occasion aussi pour l’association Maison de la presse de rappeler que « les organes des médias comptent trois (03) années d’arriérés de fonds d’aide à la presse (2015, 2016, 2017) ».

Cette méthode de recouvrement d’impôts peut être interprétée comme un problème de gouvernance lorsqu’elle est appliquée aux médias.  C’est ce que pense Hassane Boukar de la radio Alternative, invité au forum du Studio Kalangou en ces mots : « […] lorsque vous arrivez pour prendre des mesures dont la conséquence est l’arrêt total des programmes d’un média, c’est un acte extrêmement grave […] les médias sont des contribuables, on ne dit pas qu’ils ne doivent pas payer l’impôt mais on peut trouver des mécanismes qui sont beaucoup plus compréhensibles et acceptables […] ».

Le droit du public à l’information est l’un des principes clef qui contraint les gouvernements à proposer des méthodes de paiement de l’impôt différentes de celles appliquées aux opérateurs économiques classiques.

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