Une collision entre deux autobus de transport de voyageurs a fait 22 morts et 37 blessés vendredi 7 août 2026 sur l’axe Maradi-Madaoua, au Niger. Les deux véhicules appartenaient aux compagnies SONITRAV et STM. Parmi les personnes décédées figurent 17 militaires, selon le ministère nigérien des Transports.
L’accident s’est produit à hauteur de Doukou Doukou, à environ 55 kilomètres de Madaoua. Dans sa première dépêche publiée le 8 août, l’Agence Nigérienne de Presse (ANP) faisait état d’un bilan provisoire de 21 morts et 37 blessés. Deux jours plus tard, le 10 août, le bilan actualisé est passé à de 22 décès et 37 blessés.
Deux bus violemment entrés en collision
Selon les premiers éléments communiqués par la gendarmerie, l’accident a impliqué un bus de la compagnie SONITRAV venant de Maradi, qui transportait notamment des militaires, et un véhicule de la compagnie STM venant de Madaoua. Les deux autobus se sont violemment heurtés avant de quitter leur trajectoire.
Le commandant de bataillon de la gendarmerie de Madaoua, cité par l’ANP, a indiqué que le bus de la STM avait poursuivi sa course sur environ 170 mètres, tandis que celui de SONITRAV avait parcouru environ 96 mètres après le choc. L’un des conducteurs était décédé lors de la collision, selon la même source.
Les 37 blessés ont été pris en charge par les services sanitaires. Dans le premier bilan diffusé le 8 août, la gendarmerie indiquait que les victimes décédées avaient été transportées à l’hôpital de district de Madaoua et que les blessés avaient été évacués vers Madaoua et Maradi, dont neuf vers Maradi.
Dix-sept militaires parmi les victimes
Un bilan communiqué par le ministère nigérien des Transports et relayé a établi que 17 des 22 personnes décédées étaient des militaires.
Le 8 août, avant la publication de ce bilan actualisé, les autorités et responsables des Forces de défense et de sécurité de la région de Maradi avaient rendu un dernier hommage à 16 membres des Forces de défense et de sécurité dont les corps se trouvaient à la morgue de Maradi. Une prière mortuaire avait été organisée avant leur inhumation au cimetière musulman de la ville.
Une enquête ouverte sur les causes de l’accident
Les circonstances précises ayant conduit à la collision n’ont pas encore été établies publiquement. Dès le 8 août, la gendarmerie avait annoncé l’ouverture d’une enquête destinée à déterminer les causes de l’accident.
Le 10 août, le ministre des Transports et de l’Aviation civile, le colonel-major Abdouramane Amadou, a convoqué les responsables des compagnies STM et SONITRAV pour une réunion consacrée au drame. Selon le communiqué rapporté par l’ANP, les représentants des deux entreprises ont été entendus sur leurs responsabilités respectives et ont reçu des instructions pour corriger les manquements constatés.
Le ministre a estimé que le comportement humain demeure un facteur fondamental dans ce type d’accident et a dénoncé les comportements imprudents de certains conducteurs ainsi que l’indulgence dont leurs employeurs peuvent faire preuve. Cette appréciation générale des autorités ne constitue toutefois pas, à ce stade, une conclusion de l’enquête sur la responsabilité précise de l’une ou l’autre compagnie dans l’accident du 7 août.
Des sanctions envisagées contre la compagnie qui serait reconnue responsable
Le ministère des Transports a annoncé que des sanctions seraient prises contre la société dont la responsabilité serait établie. Selon la gravité des manquements retenus, les mesures prévues peuvent aller de l’avertissement à la suspension, voire au retrait de l’agrément d’exploitation, indépendamment d’éventuelles poursuites judiciaires décidées par les autorités compétentes.
La réunion du 10 août s’est tenue en présence de responsables du ministère des Transports et de l’Aviation civile, de l’Agence Nigérienne de Sécurité Routière (ANISER) et de la Gendarmerie nationale.
Un drame dans un contexte de forte mortalité routière
Cette collision intervient alors que les autorités nigériennes ont déclaré 2026 « Année de la Discipline Routière », une initiative annoncée en avril par le ministère des Transports et de l’Aviation civile afin de renforcer la sécurité sur les routes.
Les statistiques officielles illustrent l’ampleur du problème. Selon des données communiquées en avril 2026 et reprises par l’ANP, 7 116 accidents corporels ont été enregistrés au Niger en 2025, faisant 1 245 morts et 4 439 blessés graves.