À Agadez, les préparatifs de la fête du Bianou entre ferveur culturelle et rigueur morale

Les festivités officielles de la célèbre fête du Bianou se profilent à l’horizon. Prévue du 23 au 26 juin prochain à Agadez, cette grande célébration populaire coïncide avec le 10ᵉ jour du mois de Mouharram, le premier mois du calendrier hégirien, également connu sous le nom d’Achoura.

Si cet événement majeur reflète toute la richesse culturelle de la région d’Agadez, le coup d’envoi des premières activités nocturnes préparatoires soulève déjà des questions de préservation des valeurs traditionnelles. Interrogé notre correspondant à Agadez, l’un des organisateurs phares de l’événement, le Tambari de l’Est, Monsieur Atta Maïgari, a tenu à rappeler les règles de conduite et de décence qui incombent aux festivaliers, en particulier aux femmes.

Des « comportements inhabituels » constatés dès le lancement

Le Bianou est un moment d’expression culturelle unique, mais pour les organisateurs, il ne saurait se faire au détriment des mœurs et des coutumes locales. Lors du lancement des premières animations de nuit, des dérives ont rapidement été observées par le comité d’organisation du secteur Est.

« Chaque année, la fête de Bianou a ses particularités. Lors du lancement des activités nocturnes organisées par le secteur Est, nous avons constaté des comportements inhabituels », explique le Tambari Atta Maigari.

Parmi ces comportements, ce sont principalement les choix vestimentaires de certaines jeunes femmes qui ont suscité l’indignation des garants de la tradition :

« Nous avons vu des femmes porter des tenues jugées indécentes. Ce ne sont pas des tenues adaptées au Bianou. Nous nous opposons à ce type de comportement. »

Participation oui, mais dans le respect des règles

Pour le comité d’organisation, il ne s’agit pas d’exclure la gent féminine de cette communion populaire, mais plutôt de veiller à ce que la fête reste digne et respectueuse de l’héritage d’Agadez. Le message d’Atta Maïgari se veut d’ailleurs très clair : les femmes ont toute leur place dans les festivités, tant qu’elles se conforment aux exigences de la pudeur traditionnelle.

« Nous n’empêchons pas les femmes d’assister à la fête de Bianou, mais elles doivent respecter ces règles », martèle le Tambari.

Une campagne de sensibilisation radio avant les sanctions

Face à ce constat, les organisateurs ont décidé de réagir immédiatement afin de redresser la barre avant le pic des célébrations officielles du 23 au 26 juin. Une vaste campagne de communication va être déployée pour informer et prévenir les populations.

« C’est pourquoi nous allons lancer une campagne de sensibilisation à travers les radios », annonce Atta Maïgari.

Toutefois, la pédagogie s’accompagnera cette année d’une grande fermeté. Les organisateurs préviennent que la phase de tolérance touchera bientôt à sa fin et que des mesures coercitives seront appliquées en cas de récidive :

« L’objectif est de faire comprendre que désormais, toutes celles qui porteront des tenues indécentes seront sanctionnées à la hauteur de leur faute. »