Le président du Bénin est arrivé à Niamey ce 2 juin, où il a été accueilli par le président de la République du Niger, Abdourahamane Tiani. Une visite officielle inscrite dans le cadre d’une tournée ouest-africaine destinée à renforcer les relations de coopération avec les pays voisins du Sahel.
La visite du président béninois au Niger à lieu moins de dix jours après son investiture à la tête de son pays le 24 mai 2026. Une investiture marquée par la présence d’une forte délégation des Etats membre de l’Alliance des États du Sahel (AES) qui a largement été relayée par la presse.
À Niamey, le chef de l’État béninois a été acceuilli par le général Abdourahamane Tiani, président de la République du Niger, dont les relations ont continué à se dégrader avec le Bénin au lendemain du coup d’État ayant renversé le régime de Bazoum Mohamed.
Un déplacement qui intervient après plusieurs mois de crispation
La séquence est hautement symbolique, en effet les relations entre Niamey et Cotonou se sont significativement dégradées après le coup d’Etat au Niger avec notamment la fermeture de la frontière entre les deux pays.
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Ce qui pèse beaucoup sur les échanges commerciaux entre les deux pays mais aussi impact énormément la circulation des personnes.
Pour le Niger, la fermeture de cette frontière répondait à des impératifs de sécurité tandis que Bénin à toujours rejeté ces accusations notamment l’existence d’une base militaire française sur son territoire.
Le pipeline Niger-Bénin, dossier économique central
Au-delà du symbole politique, l’un des points important entre les deux pays demeure le pipeline Niger-Bénin, Ce pipeline d’exportation du pétrole brut Niger-Bénin part de la station de pompage PSO1 située à Diffa, au Niger, et se termine par un système d’amarrage en mer à Sèmè-Kraké, au Bénin.
Cependant, le Bénin avait interdit l’ambarquement du brut nigérien à partir de la station terminale de Sèmè-Kpodji, obligeant le Premier Ministre du Niger à tenir un point de presse le 11 mai 2024.
Mais le 19 mai 2024, le premier navire chargé de pétrole brut nigérien a finalement quitté les eaux béninoises avec un million de barils à bord, selon le Gouvernement du Bénin.
Pour Niamey comme pour Cotonou, la normalisation des relations dépasse donc le seul cadre diplomatique : elle touche au commerce mais aussi à la circulation des personnes.
La sécurité, autre priorité de la rencontre
Dans son discours d’investiture, Romuald Wadagni a affirmé que « notre région vit une période de tensions graves avec le terrorisme qui progresse. »
Le président béninois a aussi déclaré que le Bénin mettrait un accent particulier sur l’approfondissement de la coopération régionale avec ses voisins, au service de la stabilité, du dialogue et du respect.
« Avec nos pays voisins, nous mettrons un accent particulier sur l’approfondissement de la coopération régionale. Le Bénin continuera d’agir pour la stabilité, le dialogue et le respect. »
Niamey, porte d’entrée vers l’AES
Le Niger est aujourd’hui membre de la Confédération Alliance des États du Sahel, avec le Mali et le Burkina Faso, dont le traité a été adopté lors du sommet de Niamey du 6 juillet 2024. Source : Gouvernement du Niger
Dans ce contexte, la visite de Romuald Wadagni à Niamey puis à Ouagadougou peut être lue comme une tentative de reprise de contact directe avec deux capitales sahéliennes devenues centrales dans les nouveaux équilibres régionaux rapporte par example l’Agence Ivoirienne de Presse.