À l’approche du mois béni de Ramadan, le Ministre du Commerce et de l’Industrie a tenu une rencontre avec les opérateurs économiques du Niger. L’objectif affiché est d’assurer un approvisionnement régulier du marché tout en appelant à la solidarité nationale pour garantir l’accessibilité des produits de grande consommation.
Cette réunion, qui s’inscrit dans le cadre des préparatifs habituels du mois de Ramadan, a permis aux autorités et au secteur privé de faire le point sur la disponibilité des stocks et les mécanismes de régulation des prix.
Appel à la « Mobilisation Générale » et à la solidarité
Dans une interview diffusée par la Radio Télévision du Niger (RTN), Abdoulaye Seydou, Ministre du Commerce du Niger a insisté sur la notion d’accessibilité des produits, précisant que celle-ci repose sur deux piliers : la disponibilité quantitative et le prix.
Dans un discours appelant à la responsabilité morale, le Ministre a déploré les pratiques consistant à maximiser les profits durant les périodes de forte demande. Il a rappelé que le Ramadan doit être une occasion de renforcer la solidarité ce qui n’est souvent pas le cas : « malheureusement, chez nous, la pratique courante consiste à profiter de ce moment pour maximiser les profits ».
Le Ministre a ainsi abordé la « mobilisation générale », invitant chaque acteur, dans son champ d’action quotidien, à avoir le « réflexe de penser au Pays et à la Nation ».
Promotion de la production nationale
Au-delà de l’appel à la modération des prix, les échanges ont porté sur les nouvelles orientations en matière d’importation. Interrogé par Studio Kalangou, Chaïbou Tchombiano, Secrétaire Général du Syndicat des commerçants importateurs, exportateurs et grossistes du Niger, a tenu a rappeler que le ministère a présenté un dispositif visant à promouvoir la production locale.
Ce mécanisme conditionne désormais l’importation de certains produits à l’achat de stocks nationaux. « Avant d’importer, vous devez payer ce produit avec nos producteurs nationaux », a expliqué Chaïbou Tchombiano, rappelant les propos du Ministre du Commerce du Niger, citant l’exemple du riz ou des huiles. Cette mesure vise à soutenir les industries de transformation locales, notamment dans les régions de Zinder et Dosso, ainsi que la production agricole nationale.
Les défis logistiques et la question des transports
Les discussions ont également abordé les contraintes logistiques actuelles. Le Secrétaire Général du syndicat a soulevé la question de l’approvisionnement via le corridor traversant le Nigeria, mentionnant spécifiquement l’axe de Kamba.
Les opérateurs économiques ont fait part de leurs préoccupations concernant le blocage de nombreux véhicules de marchandises aux frontières. Selon les estimations du syndicat, plus de 1 500 camions seraient actuellement immobilisés.
Face à cette situation et pour garantir la disponibilité des produits durant le Ramadan, les commerçants ont suggéré une action concertée. Ils proposent notamment une mission conjointe impliquant les acteurs et autorités concernés pour négocier le déblocage de ces camions.
La rencontre s’est conclue sur la volonté commune des parties de trouver des solutions pour que les consommateurs nigériens puissent passer le mois de Ramadan dans des conditions sereines.